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Dernière mise à jour : 8 octobre 2026

Fiscalité de l’assurance-vie : fonctionnement, abattements et stratégies 2026

Comprendre la fiscalité de l'assurance-vie est essentiel pour optimiser le rendement net de votre épargne, mais les règles peuvent vite sembler complexes. De plus, elle intègre certains frais (versement, gestion) qu'il convient de prendre en compte au même titre que la fiscalité.

Homme mûr souriant assis confortablement dans un fauteuil

Écrit et vérifié par :

Marta Pinedo
Marta Pinedo

Experte financière

Marta Pinedo, Directrice Générale - France à Raisin

Experte financière

Malory Corteso
Malory Corteso, Business Analyst B2C France à Raisin

Auteur

Laura Tran
Laura Tran, Consultante marketing externe à Raisin

Auteur

L’essentiel à retenir :

  • Une fiscalité préservée : contrairement à d'autres placements en 2026, les prélèvements sociaux sur l'assurance-vie restent figés à 17,2 %.

  • Seuls les gains sont taxés : lors d'un retrait, la part de capital initial que vous avez versée n'est jamais soumise à l'imposition.

  • L'ancienneté récompense : l'abattement sur l'impôt sur le revenu devient particulièrement avantageux après 8 ans de détention du contrat.

Les prélèvements sociaux en 2026 : aucun changement pour l’assurance-vie

La Loi de Financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a prévu une hausse de la CSG qui porte les prélèvements sociaux à 18,6 % (soit un Prélèvement Forfaitaire Unique global de 31,4 % vs 30 %) pour la majorité des revenus du capital.

Bonne nouvelle : l’assurance-vie est explicitement exclue de cette hausse. Son taux de prélèvements sociaux reste de 17,2 %, et ce, que votre argent soit placé sur des fonds en euros garantis ou sur des unités de compte (liées aux marchés financiers).

La fiscalité de l'assurance-vie selon l'âge du contrat

L'imposition sur l'assurance-vie évolue de manière dégressive en fonction de l'ancienneté de votre contrat au moment où vous effectuez un retrait (rachat). Explications.

 

La fiscalité de l’assurance-vie en résumé

Pour visualiser d'un coup d'œil la fiscalité qui s'applique (pour des primes versées après septembre 2017), voici une synthèse des taux en vigueur.

Âge du contratFiscalité globale sur les gainsDétail (impôt + prélèvements sociaux)Abattement annuel (personne seule / Couple)

Moins de 8 ans

30 %

12,8 % (impôt) + 17,2 % (PS)

Aucun abattement

Plus de 8 ans (≤ 150 000 €)

24,7 %

7,5 % (impôt) + 17,2 % (PS)

4 600 € / 9 200 €

Plus de 8 ans (> 150 000 €)

30 % sur la part excédentaire

12,8 % (impôt) + 17,2 % (PS)

4 600 € / 9 200 €

La fiscalité de l’assurance-vie : retrait avant 8 ans

Si vous décidez de récupérer une partie de votre argent au cours des huit premières années, le calcul est direct et il n'y a aucun abattement possible.

La taxe par défaut est le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) historique qui s’élève à 30 %. Celui-ci se décompose de la manière suivante : 

  • 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu ;
  • 17,2 % de prélèvements sociaux. 

Vous pouvez toutefois opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si cette option est plus favorable à votre situation personnelle (notamment si vous n'êtes pas imposable).

Impôt vs prélèvements sociaux : lors d'un retrait partiel, seuls les gains (intérêts) sont soumis à taxation, jamais le capital que vous avez versé. Toutefois, beaucoup d’épargnants l’ignorent : l’abattement fiscal efface uniquement l’impôt sur le revenu, il ne supprime pas les prélèvements sociaux de 17,2 % qui restent systématiquement dus sur vos gains. 

La fiscalité de l’assurance-vie : retrait après 8 ans

Passé le cap des huit ans, la pression fiscale sur le revenu s'allège grâce à un taux d'impôt réduit et à un mécanisme d'abattement. Le fonctionnement exact dépend cependant de la date à laquelle vous avez alimenté votre contrat.

 

Définition et fonctionnement de l’abattement fiscal

Un abattement est une réduction appliquée sur le montant qui servira de base au calcul de votre impôt. Dans le cadre de l'assurance-vie, il vient effacer tout ou partie de l'imposition sur les intérêts générés. Vous profitez d'un abattement annuel sur vos gains de :

  • 4 600 € pour une personne seule ;
  • 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.

Si les gains compris dans votre retrait annuel sont inférieurs à ce plafond, vous êtes totalement exonéré d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.

 

Fiscalité sur les primes versées avant le 27 septembre 2017

Pour les sommes versées avant septembre 2017, vous avez le choix lors de votre retrait : vous pouvez opter pour l'intégration de vos gains au barème progressif de l'impôt sur le revenu, ou choisir un prélèvement forfaitaire libératoire.

Si le contrat a plus de 8 ans, ce taux libératoire est très favorable : 7,5 %, auxquels s'ajoutent systématiquement les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains. 

 

Fiscalité sur les primes versées après le 27 septembre 2017

Pour l'argent versé plus récemment, la fiscalité fonctionne avec un mécanisme de déclaration en 3 temps. C'est un point souvent méconnu des épargnants, car il implique un léger décalage de trésorerie avec l'administration fiscale :

  1. L'acompte à la source (au moment du retrait) : lors de votre rachat, l'assureur prélève d'office un acompte fiscal de 7,5 % sur vos gains (c'est le "prélèvement forfaitaire non libératoire"). À noter : une dispense de cet acompte est possible si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple.

  2. L'application de l'abattement (l'année suivante) : l'année suivant votre retrait, vous déclarez ces gains. C'est à ce moment précis que l'administration applique votre abattement annuel.

  3. La régularisation et le remboursement : si vos gains sont inférieurs à l'abattement, les impôts vous restituent intégralement l'acompte de 7,5 % prélevé l'année précédente. En revanche, si vos versements totaux dépassent 150 000 €, la part des gains excédentaire est taxée à 12,8 % au lieu de 7,5 %.

Dans toutes ces situations, les 17,2 % de prélèvements sociaux sont systématiquement dus.

 

La fiscalité en cas de décès (transmission)

L'assurance-vie est également un outil de transmission puissant, dont les règles dérogent aux successions classiques. La fiscalité dépend de l'âge que vous aviez au moment de verser les fonds :

  • Versements avant 70 ans : chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement très important de 152 500 €. En dessous de ce montant, aucune taxe n'est prélevée lors de la transmission du capital.
  • Versements après 70 ans : l'abattement global tombe à 30 500 €. Il s'applique à l'ensemble du contrat et doit être partagé entre tous les bénéficiaires. Toutefois, l'ensemble des intérêts générés par ces versements tardifs reste totalement exonéré de droits de succession.

Fiscalité en cas de rachat total ou partiel de l’assurance-vie après 8 ans

En assurance-vie, un "rachat" désigne simplement l'opération par laquelle vous demandez à récupérer tout ou partie de votre épargne auprès de l'assureur.

  • Rachat partiel : vous retirez une somme précise. Votre contrat d'assurance-vie reste ouvert et continue de générer des intérêts sur le capital restant. Vous conservez ainsi la précieuse antériorité fiscale de votre placement (le compteur des 8 ans ne repart pas à zéro).
  • Rachat total : vous retirez l'intégralité du capital et des gains. Cette action entraîne la clôture définitive du contrat. Vous perdez alors votre antériorité fiscale.

Dans les deux cas, vous êtes soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains perçus.

Quelles stratégies d'optimisation fiscale passée 8 ans ?

Atteindre le jalon des 8 ans offre de nombreuses opportunités pour dynamiser vos rendements nets. Voici comment utiliser la réglementation à votre avantage.

  • Anticiper les retraits pour maximiser l'abattement : cet avantage de 4 600 € ou de 9 200 € n'est pas reportable d'une année sur l'autre. Il faut donc l'utiliser annuellement.
  • Fractionner les rachats : plutôt que de retirer une grosse somme en une seule fois et de dépasser le plafond, programmez des rachats partiels étalés sur plusieurs années (ex: fin décembre puis début janvier).
  • Investir les gains dans des placements avec un bon rapport rendement/garantie : vous pouvez utiliser l'argent retiré augmenté des intérêts pour les réinvestir vers des supports d'épargne offrant une rentabilité fixe et transparente, sans mécanisme d'acompte décalé.
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Contrat d’assurance-vie : y a-t-il des frais cachés ?

Si la fiscalité est un paramètre clé, elle ne doit pas faire oublier l'impact des frais prélevés par les gestionnaires du contrat (banques, assurances), qui viennent réduire la performance nette de votre contrat année après année.

L'imposition ne concerne que le moment du retrait, mais tout au long de la vie de votre contrat, vous payez des frais de gestion : 

  • Frais de gestion : entre 0,50 % et 1 % par an sur le montant total de votre épargne. 
  • Frais de versement : jusqu'à 5 % sur chaque versement. 

À cela s’ajoutent des frais de dossier à l’ouverture du contrat et d’arbitrage. Ces coûts annulent parfois totalement l'avantage fiscal acquis après 8 ans.

Quelles solutions complémentaires à l'assurance-vie ?

L'assurance-vie reste incontournable pour la succession. Néanmoins, ses frais récurrents et la complexité de sa fiscalité (notamment l'acompte à la source qui crée un décalage de trésorerie) poussent de nombreux épargnants vers des alternatives plus directes pour faire fructifier leurs liquidités. 

 

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Vos questions sur la fiscalité de l’assurance-vie

Le prélèvement forfaitaire s'applique par défaut. Cependant, si vous êtes non imposable ou dans les tranches d'imposition les plus basses (0 % ou 11 %), il est souvent plus avantageux de cocher l'option pour le barème progressif lors de votre déclaration de revenus.

Sur les fonds en euros (garantis), l'assureur les prélève à la source chaque année au 31 décembre. Sur les unités de compte, ils sont prélevés au moment d'un retrait partiel ou total.

En plus de la fiscalité, ce contrat supporte des frais d'entrée, des frais de gestion annuels, des frais sur versement et des frais d'arbitrage si vous déplacez votre argent entre différents fonds.

La fiscalité s'applique uniquement sur la part de gains. Grâce à un mécanisme déclaratif en plusieurs temps (acompte à la source puis régularisation), vous bénéficiez d'un abattement annuel (4 600 € ou 9 200 €) qui exonère d'impôt sur le revenu une grande partie de ces gains. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.

Une fois l'abattement appliqué, le taux d'impôt sur le revenu effectif est de 7,5 % pour les encours inférieurs à 150 000 €. Il faut y ajouter les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 24,7 % (contre 30 % avant 8 ans).

Le PEA est destiné à l'investissement en bourse européenne, avec une exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans. Attention cependant : les prélèvements sociaux du PEA passent bien à 18,6 % en 2026. L'assurance-vie, plus polyvalente, préserve ses prélèvements à 17,2 %, mais comporte généralement des frais de gestion annuels qui amputent la performance.

Tous les taux d'intérêts affichés sont exprimés sous la forme de Taux de Rendement Actuariel Annuel Brut (TRAAB), sauf indication contraire. Le TRAAB exprime le rendement réel d'un placement pour lequel les intérêts sont payés et capitalisés chaque année. Il permet donc de mieux estimer sur une base annuelle le rendement réel d'un placement, hors fiscalité.